L’effet « Jack in the box »

Tous ceux qui regardent, depuis quelques semaines, les images de chars de conception soviétique détruits se posent la même question : pourquoi perdent-ils leur tourelle de façon si spectaculaire lorsqu’ils sont touchés au combat ? La réponse est bien connue : il s’agit de l’effet « Jack in the box » (ou, pour les francophones, « le diable dans la boite »). 

Si le billet d’aujourd’hui est moins centré sur le jeu vidéo que d’habitude (quoi que, puisqu’il peut alimenter une réflexion sur les destructions de véhicules et les explosions), il nous permettra néanmoins de rendre hommage à la qualité de modélisation dans War Thunder , dont l’option “rayon X” qui va nous permettre d’illustrer nos propos grâce à des captures maison. 

 

Les tankistes russes, condamnés « by design » 

Dans la vision du combat blindé soviétique, le choc du feu et le nombre de chars prévalent sur la survivabilité depuis le T-34. Dans cette optique, les ingénieurs du Pacte de Varsovie ont donc travaillé sur des chars de conception simple, à la puissance de feu conséquente et au profil abaissé.  

Pour pouvoir armer plus de chars, les Soviétiques ont aussi misé sur un équipage composé de 3 soldats, et donc choisi de se passer du chargeur, remplacé par l’autoloader mécanique. Erreur fatale, car ce système de chargement, tel qu’il a été conçu en Russie, expose les munitions à l’impact des projectiles ennemis sur la tourelle, créant une réaction en chaîne qui pulvérise le blindé et son équipage.  

Le meilleur exemple de cette vulnérabilité est le T-72, le char qui a connu le plus de pertes dans le conflit ukrainien (y compris dans ses dernières versions modernisées). Les munitions du T-72 se trouvent dans un chargeur automatique de type carrousel directement sous la tourelle principale et les membres de l’équipage, et sont donc particulièrement exposées à tout impact venant des flancs. 

 

Sur des chars russes pourtant plus modernes, comme le T-80BVM, ou le T-90, la conception est identique:

 

Ainsi que pour les T-64, plus anciens et principalement utilisés par les Ukrainiens:

 

A terme, seul le nouveau char T-14 Armata devrait résoudre cette vulnérabilité, mais il semble n’être, pour l’heure, que l’une des multiples « armes miracle » russes, surmédiatisées mais non produites en série, et encore moins alignées au combat… 

 

En Occident, priorité à la protection de l’équipage 

A la vue de ces modélisations 3D, vous vous dites subitement qu’une carrière dans la cavalerie lourde n’est peut-être finalement pas une si bonne idée. Rassurez-vous, car la doctrine occidentale, qui a, elle, misé sur la survivabilité des chars et des équipages, offre un peu plus de garanties.  

En effet, sur la plupart des blindés occidentaux, les munitions sont conservées sous le plancher, là où le blindage est le plus épais, ou à l’arrière de la tourelle dans un compartiment spécifique. Ce compartiment de stockage n’est pas spécialement mieux protégé, mais il a l’ingénieuse particularité d’orienter l’explosion vers l’extérieur, et donc de préserver la vie de l’équipage et l’intégrité du char, qui reste fonctionnel.  

La plupart des chars modernes sont concernés, mais ce sont probablement les chars américains de la famille des M1 Abrams qui sont à ce jour les mieux dotés en la matière :  

 

Autres exemples ci-dessous avec le Léopard 2 allemand puis le Leclerc français. Les munitions sont à l’abri de compartiments spéciaux : 

 

A noter enfin que tous les chars occidentaux n’ont pas corrigé ce défaut. C’est le cas du Merkava israélien. Sa tourelle ultra-profilée ne permettant pas, ou plus, d’adaptation en matière de gestion des munitions, il mise lui plutôt sur des systèmes de protection “hard kill”. 

Les hélicoptères convertibles

Les hélicoptères convertibles, plus connus sous l’anglicisme “tiltrotor”, font entrer la famille des hélicoptères dans une nouvelle génération. S’ils sont aujourd’hui réservés au monde militaire, et plus encore au seul modèle opérationnel, le V-22 OSPREY, ils devraient rapidement se faire une place dans l’aéronautique mondiale, et aussi la pop culture, dans les années qui viennent.   

 

Des machines complexes et couteuses …  

Comme l’avion a décollage court ou vertical, l’hélicoptère convertible est un vieux rêve aéronautique. Les premiers essais remontent (comme souvent) à la Guerre Froide, mais le seul projet qui arrivera à maturité opérationnelle est, bien entendu, le V-22 OSPREY du fabricant américain Bell, mis en service à partir de 2005 dans l’US Air Force, l’US Marine Corps, ainsi que la Navy. Il est aussi le nouvel hélicoptère “Marine One” du Président Américain. 

Si seuls 400 Osprey sont en service actuellement (aux USA mais aussi au Japon), c’est surtout parce que c’est une machine technologiquement complexe, et donc très chère (autour de 100 millions USD l’unité, soit plus cher qu’un avion de chasse). Le programme a aussi connu de nombreux accidents tragiques tout au long de son développement et de son début de carrière opérationnelle, qui ont largement impactées les attentes opérationnelles placées en lui. 

 

… mais adaptées aux conflits modernes. 

Mais alors, qu’est ce qui fait de ces appareils un instrument idéal pour l’avenir ? Outre le fait que la pop culture en raffole, jeux vidéo et cinéma compris, le concept même de tiltrotor apporte avec lui des avantages déterminants pour le combat moderne. 

En effet, après le décollage et le basculement des rotors, l’appareil, “libéré” de sa configuration hélicoptère, peut atteindre une vitesse de croisière digne d’un avion tout en volant à une altitude qui le place en sécurité. Il permet donc de mener des missions héliportées “en profondeur”, parfait pour les forces spéciales, ou même les missions de search & rescue. 

Le double rotor en fait de surcroit un hélicoptère capable de transporter des hommes ou du fret, depuis un navire, ou sur un terrain dénué de piste. 

Ces arguments font des tiltrotors un choix pertinent, dans des conflits ou la vitesse et surtout l’allonge sont un avantage primordial. Ils intègrent par exemple parfaitement la doctrine des US Marines pour le combat aéro-amphibie (on en parle ici, ici, ou encore ici).  

 

Les hélicoptères entrent dans une nouvelle ère 

Le V-22 Osprey n’était que le point de départ, sorte de brouillon préfigurant du futur. En effet, avec son programme “Future Vertical Lift”, l’US Army s’apprête à choisir le successeur du célèbre hélicoptère Blackhawk. L’un des finalistes est le V-280 Valor de Bell, qui propose ici un concept plus abouti que celui du Osprey.   

Ce marché considérable pourrait définitivement ancrer les hélicoptères convertibles dans le paysage militaire. 

D’autant plus que d’autres pays pensent à leur concept, et que sont déjà imaginés des convertibles “super-lourds” dotés de quatre rotors ! 

Enfin, c’est bien entendu du côté des drones de combat qu’il faut se pencher, avec l’émergence de concepts de tiltrotors plus compacts et dotés d’armements lourds, capables d’agir depuis la mer et les porte-hélicoptères. Les navires américains devraient en effet recevoir dans quelques années des appareils comme le drone V-247, véritable hélicoptère de combat aux capacités boostées. Ils assureront notamment la protection des tiltrotors de transport.  

 Une maquette du V-247 « Vigilant » a été présentée par Bell, lourdement armée.

 

Les hélicoptères convertibles sont des appareils fascinants, et les voir voler est un véritable spectacle. Alliant la manœuvrabilité d’une voilure tournante aux performances d’un avion, leur avenir pourrait être radieux, avec des branches d’évolution impressionnantes. Cela devrait continuer à faire le bonheur du jeu vidéo comme du cinéma d’action. 

Kit de survie du char moderne

Les images qui nous parviennent du conflit ukrainien rappellent chaque jour à quel point la survie d’un char sur un champ de bataille de haute intensité est difficile. Alors, pour se protéger de missiles toujours plus performants, le salut se trouve-t-il, pour les tanks, dans les systèmes de protection active, et notamment les fameux « hard kill » ?

 Ci-dessus: le blindage additionnel rudimentaire de ce char russe en Ukraine n’a pas suffi. 

 

Les design innovants

Nous l’avons vu avec les MRAP, la qualité d’un blindage ne réside pas simplement dans l’épaisseur du métal qui le compose. Il existe en effet de multiples façons de protéger un véhicule blindé ou son équipage. Parmi elles, l’intégration, dès la conception, de solutions innovantes :

  • le placement du bloc moteur à l’avant du tank comme sur les Merkava israéliens, qui va arrêter le projectile en préservant l’équipage, même si le char est neutralisé;

Le char Merkava israélien est l’un des mieux protégés au monde.

 

L’utilisation de briques réfractaires dont le but est d’empêcher le projectile (principalement les obus-flèche, mais aussi les missiles de première génération) de percer le blindage. Apparues durant la Seconde Guerre Mondiale sur les Panzer (le fameux Zimmerit), elles deviennent communes à partir des années 80. Sur les nouvelles générations de blindés, les briques sont même, la plupart du temps, directement intégrées à la coque lors de sa fabrication.

Jupes protectrices sur un Panzer IV allemand durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Les solutions additionnelles

Pour les anciennes générations de blindés, ou face à de nouvelles menaces comme les missiles modernes ou les nouvelles charge AT tirées par les RPG, il est indispensables de s’équiper en solutions additionnelles :

  • les briques additionnelles, appelées « blindages réactifs explosifs », sont destinées à neutraliser les projectiles à charges creuses. Apparues sur les blindés israéliens déployés au Liban dans les années 80, elles sont ensuite devenues une solution efficace de renforcer les anciennes générations de blindés confrontés aux missiles modernes ;

On distingue clairement les briques réactives sur ce T-72 russe modernisé.

 

  • les grilles de protection, dont le but est d’opposer un obstacle au projectile (principalement les RPG ou les missiles) et de le faire exploser avant son impact direct sur le blindage. Des schürzen (jupes) des panzers allemands, jusqu’à la rudimentaire « cope cage » vue en Ukraine, en passant par les « cages à oiseau » des Stryker en Irak, ce n’est pas la solution la plus esthétique, mais elle est efficace…

Un blindé Stryker de l’US Army en Irak.

 

Les systèmes « soft kill »

En plus des blindages principaux ou additionnels, les chars ont rapidement été équipés de solutions « soft kill », c’est-à-dire de systèmes ajoutés à la plateforme pour lui fournir des options de dissimulation ou de brouillage.

Dès la Seconde Guerre mondiale, on en retrouve le premier exemple avec l’ajout de lance-fumigènes sur les tourelles, mais avec l’arrivée des premiers missiles AT vont s’ajouter d’autres capacités comme les brouilleurs infrarouges fonctionnant littéralement comme des leurres, ou encore des lasers aveuglants.

Les brouilleurs infrarouges du T-90 lui donnent un look vraiment badass ! 

 

C’est aussi pour cela que les forces de l’OTAN s’appuient, à partir des années 70, sur des solutions aériennes pour « tuer » du char russe : en effet, aucun brouillage ne dévie les obus du canon Avenger d’un A-10 …

 

Le « hard kill » : solution miracle ?

On le voit aujourd’hui : les chars russes sont équipés de blindages additionnels ou de brouilleurs, mais cela se révèle bien inefficace face aux missiles de dernière génération, et notamment ceux, comme le Javelin, disposant d’un mode d’attaque « fire and forget » par le dessus, là où le char est le plus vulnérable. C’est pourquoi plusieurs pays ont développé ces dernières années, les systèmes dit « hard kill ».

Sur le papier, l’idée est simple : grâce à un radar à 360°, le char va pouvoir détecter un projectile en approche et déclencher automatiquement un jet de projectile (volée de plombs ou bâtons explosifs par exemple) dans sa direction, avec pour but de le faire dévier ou exploser avant impact.

La technologie est aujourd’hui mature, grâce à des capteurs et surtout des ordinateurs capables de traiter la menace en quelques millisecondes, et son efficacité est redoutable. Pour autant, un système « hard kill » reste complexe, lourd (plusieurs tonnes), et très onéreux, et ne protègent au final que des missiles et des roquettes.

Les systèmes les plus en pointe sont le Trophy et l’Iron Fist israéliens. C’est un succès commercial qui s’impose dans de nombreuses armées, au détriment notamment de plusieurs solutions américaines et de l’Afganit russe.

 

Finalement, la meilleure chance de survie d’un char n’est-elle pas à chercher dans une protection assurée soit par l’infanterie, soit par des blindés spécialisés comme le BMP Terminator ? La question reste ouverte. En tout état de cause, cette multiplicité de solutions mériterait d’être explorée dans le jeu vidéo, pour donner encore plus de piment à des combat épiques tels que certaines missions des Ghost Recon canoniques ou de Call of Duty…

 

La classe « Zumwalt » : l’échec d’une révolution

L’« USS Zumwalt » est le destroyer le plus perfectionné jamais construit. Mais si, avec ses lignes dignes d’un croiseur interstellaire tout droit sorti de Star Wars, il incarnait toutes les ambitions de la puissance maritime du futur, il se trouve aujourd’hui être l’échec le plus faramineux de l’histoire militaire contemporaine. Retour sur ce fiasco…

 

Le F35 des mers

La classe « Zumwalt » – du nom de l’Amiral éponyme – est une classe de destroyers, des navires fortement armés pour porter le combat de la mer vers la terre. Ce sont les véritables successeurs des grands cuirassés de la Navy, dont la carrière s’est terminée avec la Guerre du Golfe en 1991.

Pour comprendre le Zumwalt, il faut remonter aux origines du programme, dans les années 1990. Comme l’Air Force avec ses chasseurs F-22, F-35 ou son bombardier B2, l’US Navy veut des bâtiments alliant puissance de feu et, c’est nouveau, furtivité. Effectivement, grâce à leur étrave inversée et leur imposant château, ces monstres de 16.000 tonnes et 186 mètres adoptent un design révolutionnaire qui dope leur furtivité. Ils réussissent en effet l’exploit de pas apparaitre plus gros qu’un petit navire de pêche sur les radars ennemis.

Cela ne se fait pas au détriment de leur force de frappe, puisque pas moins de 80 silos à missiles sont disposés sur toutes les façades du bâtiment, et sont en théorie couplés à 2 pièces d’artillerie de 155 mm capables d’envoyer un projectile à 160 km : l’Advanced Gun System (AGS).

 

 9 milliards de dollars pièce.

Hélas, tout cela a un prix : leur coût unitaire est aujourd’hui estimé à 9 milliards de dollars, soit plus de 6 fois les estimations du début du programme. Bien plus couteux qu’un sous-marin nucléaire, ou même qu’un porte-avions !

En outre, les Zumwalt pâtissent de deux faiblesses majeures :

  • Ils sont privés d’artillerie : en effet, le prix unitaire d’un « Long Range Land Attack Projectile », la munition révolutionnaire tirée par l’AGS, est de 800.000 USD. Le couperet est finalement tombé, et on sait désormais depuis mars 2022 que les pièces vont être retirées;
  • Leurs systèmes automatisés ne sont pas matures : en théorie, les Zumwalt sont des systèmes très largement automatisés, et qui sont en plus des plateformes pour de nombreux sous-systèmes comme des drones aériens, de surface ou sous-marins. En réalité, l’équipage de 147 personnes (soit deux fois moins que sur un bâtiment comparable) est débordé, et le navire manque clairement de bras.

Dès lors, sur les 32 navires initialement prévus au début des années 2000, seuls trois navires sortent de cale entre 2016 et 2021 : l’USS Zumwalt (DDG-1000), l’USS Michael Monsoor (DDG-1001), et l’USS Lyndon B. Johnson (DDG 1002). En 2022, aucun n’est véritablement opérationnel, et les politiques ont définitivement dit stop à ce programme pharaonique.

Un avenir là où on ne l’attendait pas ?

Alors, que faire des destroyers Zumwalt, décidemment trop en avance sur leur temps ? Il fut imaginé à une époque que leur formidable capacité de production électrique pourrait servir à l’installation de canons électromagnétiques, les fameux railguns, mais cette option semble avoir fait long feu.

Finalement, on se dirige vers une autre solution plus rationnelle, mais néanmoins de rupture : ils pourraient, en effet, devenir d’ici 2025 les premiers porteurs de missiles hypersoniques dans les armées américaines.

Les trois bâtiments furtifs deviendraient alors de redoutables instruments de dissuasion destinés à maintenir la suprématie américaine dans le Pacifique.

 

Le Zumwalt est la star du roman « Ghost Fleet »:

 

Jeu vidéo et simulateurs militaires : une relation contrariée

Début mars 2022, le géant de l’armement BAE Systems a racheté pour 200 millions de dollars le studio spécialiste de la simulation militaire professionnelle Bohemia Interactive Simulations (BISim). Un mouvement qui nous montre que si le jeu vidéo s’est toujours nourri du fait militaire, l’inverse est aussi de plus en plus vrai.

Ci-dessus: une illustration du logiciel VBS4 de BISim.

 

La relation entre les armées et le jeu vidéo est très particulière (comme l’explique par exemple Alex). Elle diffère par exemple très largement du rapport des militaires au cinéma et se révèle être, au final, une histoire assez torturée de deux acteurs fascinés l’’un par l’autre, mais refusant souvent de se l’avouer.

 

Le jeu vidéo, un media puissant pour la communication des armées

Au début des années 2000, alors que le jeu vidéo devient un mass media, certaines armées s’y intéressent pourtant et espèrent toucher le grand public, principalement à des buts de recrutement.

On pense bien évidemment au célèbre et polémique America’s Army, un FPS free to play (et même l’un des premiers du genre) financé sur fonds propres par le Pentagone, et qui devient, dans un monde post 11-Septembre, véritable instrument de communication pour l’US Army.

De leur côté, les Russes ont plus récemment passé un partenariat avec World of Tanks pour des actions de marketing et aujourd’hui, dans plusieurs pays, les militaires lorgnent même du côté de l’e-sport ou du streaming pour approcher une génération totalement ancrée dans le monde numérique.

 

Simulations ou jeux ?

America’s Army n’est pas un exemple isolé. En 2004 sort Full Spectrum Warrior, un TPS tactique édité par THQ. Si le jeu propose de commander une Fire Team de l’infanterie américaine au milieu de villes qui ressemblent fortement à Bagdad, ce n’est pas un hasard : il est directement tiré d’un simulateur destiné à entrainer les chefs de section au combat urbain. L’éditeur a simplement pris la décision de simplifier sa formule afin de toucher le grand public.

Full Spectrum Warrior en 2004 – THQ

 

La stratégie est inverse chez Bohemia Interactive Studios (BIS). Après que sa simulation militaire Opération Flashpoint: Cold War Crisis ait révolutionné le genre en 2001 avec un scénario particulièrement travaillé et un réalisme extrêmement poussé (succès critique et commercial prolongé ensuite avec la série Arma), le studio, conscient du potentiel sur le marché professionnel, sépare alors ses activités et crée une branche destinée à la simulation professionnelle.

Aujourd’hui, BISim, avec son Virtual Battlespace Systems, fournit ses services à plus de 60 pays, dont la France.

 

L’industrie à la recherche de réalisme

Si le succès de BISim justifie aujourd’hui son rachat par un géant de l’armement, c’est bien que ces derniers ont compris qu’il « manquait quelque chose » à leurs produits professionnels.

En effet, comment convaincre les jeunes soldats de s’impliquer dans logiciels professionnels, alors que le rendu visuel et l’ergonomie de ces simulateurs est à des années-lumière de ce qu’ils ont l’habitude de voir au quotidien sur leur TV4K ou même leur téléphone ? En termes de visuel, de rendu et de sensations, aucun programme professionnel ne rivalise avec l’immersion d’un Call of Duty, et aucun simulateur aéronautique n’arrive à la cheville de DCS World ou du dernier Flight Simulator, développé à Bordeaux par le studio Asobo.

Cette nécessité de rattraper le retard du réalisme est donc cruciale pour les professionnels, car le marché mondial des environnements de formation et de simulation militaires pourrait dépasser les 11 milliards USD par an. D’ailleurs, si BAE Systems et BISim ont commencé à travailler ensemble en 2019, c’était pour répondre à l’appel d’offre de l’US Marine Corps War Gaming and Analysis Center.

La tendance est donc à ce que les éditeurs de simulateurs, mais aussi de solutions de maintenance en réalité augmentée ou de “Command & Control”, cherchent à coopérer largement avec l’industrie du jeu vidéo pour gagner en réalisme mais aussi, par exemple, en ergonomie.

 

Les ballons militaires, d’hier à aujourd’hui

De nos jours, on pourrait se dire que les ballons captifs ou les dirigeables sont des engins volants d’un autre temps, et qu’ils ne sont plus en mesure de concurrencer avions, hélicoptères ou drones. Pourtant, avec l’arrivée de nouvelles technologies, les « plus légers que l’air » ont fait, ces dernières années, un retour en force dans les domaines de la sécurité et de la défense.

 

Un usage intensif pendant le 19e siècle

Le premier usage militaire attesté d’un aérostat remonte à la bataille de Fleurus, en 1794, lorsque les armées révolutionnaires françaises font usage d’un ballon captif avec deux observateurs pour repérer les mouvements des troupes coalisées. C’est un succès, et c’est d’ailleurs un emploi qui est repris avec beaucoup de fidélité dans la très bonne série de STR Cossaks.

On peut utiliser des ballons pour découvrir le terrain dans la série Cossaks. Une vérité historique.

Par la suite, les montgolfières vont servir pour l’observation et le guidage d’artillerie dans plusieurs conflits du 19ème siècle, et notamment pendant la guerre de Sécession, qui en fait un usage intensif. De manière anecdotique, elles serviront aussi à établir une sorte de pont aérien pour une partie du gouvernement français en 1871, lorsqu’il s’agira d’évacuer Paris face à l’encerclement des Prussiens !

Pendant la Première Guerre Mondiale, les ballons servent encore aux réglages pour l’artillerie au début du conflit, mais le passage à la guerre de tranchées et le développement de l’aviation les rendent vulnérables et obsolètes. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Alliés les utiliseront uniquement comme barrages aux raids aériens de l’Axe, comme sur les plages du débarquement.

 

La brève ère des Zeppelin

Depuis la fin du 19e siècle, en Allemagne, le comte Ferdinand von Zeppelin travaille sur un projet de ballon rigide et dirigeable par l’ajout de moteurs et de gouvernails. Depuis ses usines situées sur le lac de Constance, sa société produit, au fil des années, des monstres d’ingénierie et d’acier qui vont durablement marquer l’imaginaire collectif, notamment avec la fameuse séquence d’Indiana Jones et la dernière croisade.

Pour autant, ces engins n’ont eu, au final et un peu à la manière des hydravions de la même époque, qu’une période d’utilisation très brève. Si celle-ci prend tragiquement fin avec la tragédie du Hindenburg en 1937, ce drame a pourtant été précédé de nombreux autres, car les dirigeables sont difficiles à manœuvrer, instables et surtout extrêmement inflammables …

Les Zeppelin ont aussi eu un usage militaire : durant la Première Guerre Mondiale, ils volent de nuit pour éviter la chasse et les canons anti-aériens, et mènent des raids contre les grandes villes ennemies, y compris Paris et Londres. Si les bombardements particulièrement rustiques (les opérateurs percutent des obus avant de les lâcher à la main depuis la nacelle) ont un impact stratégique extrêmement limité, l’effet psychologique sur les populations est, lui, démultiplié.

Ils ont inspiré une séquence particulièrement réussie de Battlefield 1, mais aussi, pour les plus anciens, le remarqué Crimson Skies en 2000!

 

Les ballons modernes

Pour autant, les ballons n’ont pas disparu du ciel des théâtres de guerre. Après quelques expérimentations hasardeuses dans la récupération de personnels en milieu hostile durant la Guerre Froide (comme le système de récupération surface-air Fulton, vu dans Metal Gear Solid ou dans The Dark Knight), ils font aujourd’hui un retour remarqué.

Des ballons captifs ont ainsi été déployés à des fins de surveillance et d’alerte avancée au-dessus de Kaboul mais, aussi, plus récemment, pour protéger des bases avancées (FOB) au Sahel ou au Levant. Des pays comme la Chine, Israël ou le Brésil (notamment pour la sécurisation des JO de Rio et de la Coupe du Monde) en font un usage intensif, et ils pourraient bien devenir une solution efficace contre les drones ou les munitions rodeuses.

En effet, en plus d’être bardés de capteurs et semi-automatisés, les ballons actuels sont très résistants aux conditions météo défavorables (par l’utilisation de calculateurs et de stabilisateurs automatiques), et capables d’encaisser de nombreux projectiles grâce à leurs revêtements bulletproof ou autoréparants. De plus, ils sont remplis de gaz inertes (plus de risque d’incendie) qui assurent une portabilité même en cas de pertes sévères.

Le ballon captif de la société CNIM Air Space.

Les dirigeables militaires sont eux aussi de retour : pour des projets de transport de charges lourdes au-dessus de territoires peu ou pas accessibles par la route et pour éviter d’avoir recours aux couteux transports aériens lourds, mais surtout dans le cadre de projets de pseudo-satellites.

En effet, quelques pays, dont principalement la France, étudient l’emploi de ballons stratosphériques dirigeables autonomes de la famille des HAPS (High Altitude Platform System). Positionnés à 20 km d’altitude, ils pourraient offrir une couverture régionale en communication, imagerie ou radar digne d’un satellite. Les premiers vols sont prévus en 2023.

 

Ballons captifs ou dirigeables font résolument partie de la Pop-culture et sont très présents dans notre imaginaire.  Pour autant, ils sont souvent employés dans des scenarii uchroniques ou peu réalistes, alors que leurs versions modernes ouvrent de larges perspectives en terme d’écriture ou de gameplay.

Les ékranoplanes

Si la pop-culture regorge de “Wunderwaffen” (armes miracles nazies) ou de projets militaires secrets issus de la Guerre Froide, on peut en revanche s’étonner de ne jamais l’avoir vue s’emparer d’un engin pourtant bien réel et parfaitement opérationnel : l’Ekranoplane. Et pourtant, on ne peut pas dire que ce genre de monstre, mi avion, mi navire, soit véritablement discret, et son look badass devrait immédiatement le qualifier comme un incontournable du jeu vidéo ou du blockbuster

 

L’effet de sol…

L’Ekranoplane (ou Ekranoplan) n’est, contrairement à ce que son apparence laisse penser, ni un avion, ni un navire. Il est ce qu’on désigne comme un engin à effet de sol.

L’effet de sol est un phénomène aérodynamique qui survient lorsqu’un objet volant se trouve près du sol. Il génère alors, par sa portance et sa trainée, un coussin d’air qui décuple ses performances. Les oiseaux maitrisent parfaitement cette propriété, qui est aussi très utilisée par les pilotes d’hélicoptère, ainsi que dans le sport automobile.

Le concept d’Ekranoplane, inventé par l’ingénieur russe Rostislav Alekseïev, exploite au maximum cette particularité physique : l’engin, équipé de puissants réacteurs, prend de la vitesse sur une surface aquatique, jusqu’à générer suffisamment de portance pour déclencher le fameux “effet de sol”, tout en restant le plus près possible de l’eau pour en maximiser le bénéfice.

 

Une arme miracle pour les Soviétiques ?

Pour l’URSS, la recherche sur les Ekranoplanes répond, globalement, à la même doctrine que celle qui porte les projets sur les hydroglisseurs géants  : transporter le plus vite possible (et sous les seuils radar) d’importantes quantités d’hommes et de matériels pour saisir des détroits stratégiques en Baltique, en mer du Nord, en Caspienne ou en Mer Noire…

Si l’option de l’hydroptère (navire équipé de foils, technologie aujourd’hui présente sur de nombreux bateaux de course, ainsi que sur certains semi-rigides destinés aux forces spéciales) est, un temps, étudiée, les ingénieurs soviétiques privilégient, dès les années 50, le concept d’Ekranoplane.

Ils se lancent alors, sous les ordres d’Alekseïev, dans la construction en mer Caspienne de toute une série d’appareils géants, dont le plus célèbre est le KM, surnommé le “Monstre de la Caspienne” : un ékranoplane de 100m de long, 40m d’envergure, et qui atteint la masse incroyable de 540 tonnes.

L’un de ses dérivés, le Lun, est aussi, en 1987, le seul Ekranoplane de combat à avoir passé le stade de prototype : armé de 6 missiles antinavires, il devait être capable de lancer des attaques fulgurantes sur les flottes ennemies.

La complexité et le coût exorbitant des Ekranoplanes auront raison de ce programme : au final, très peu d’exemplaires seront construits ou même mis en service avant l’effondrement de l’URSS. Aujourd’hui, la plupart de ces monstres pourrissent sur les bords de la Caspienne, mais certains sont aussi conservés dans des musées.

 

Le renouveau des Ekranoplanes ?

Si l’échec des projets soviétiques tient en partie à leur démesure, le concept d’Ekranoplane reste pertinent.

Aujourd’hui, plusieurs sociétés continuent donc à miser sur cette technologie, avec des projets bien plus modestes, et en y apportant les innovations modernes, notamment structurelles. L’idée est notamment de fournir des services équivalents à ceux des hydravions : ravitaillement, transport ou secours.

Projet britannique Seaglider pour des traversées de la Manche en 2028 – © Brittany Ferries / Regent

 

Mais alors que le combat amphibie a le vent en poupe, et que l’on parle de la zone Pacifique ou de l’Arctique comme de futures zones de conflit, les militaires voient aussi un avenir à l’ékranoplane : les Russes et les Chinois ont d’ores et déjà annoncé travailler sur de nouveaux concepts, et la DARPA américaine a aussi relancé en 2021 des études conceptuelles.

Alors, les ékranoplanes, spectaculaires appareils, vont-ils faire leur retour sur le champ de bataille du futur ?  Il est encore trop tôt pour le dire, mais ils mériteraient sans doute d’être plus présents dans le jeu vidéo, ou même pourquoi pas, le cinéma, car ils s’intègrent parfaitement dans des scenarii de techno-thriller ou de films d’action…

Les véhicules MRAP

Les vingt dernières années ont vu l’émergence globale et massive des MRAP (pour Mine Resistant Ambush Protected), véhicules surblindés et bardés d’électronique. Une tendance lourde (et c’est le cas de le dire) qui a fait de ces engins au look badass la coqueluche des jeux vidéo, des séries et des blockbusters… Mais, dans la réalité, les MRAP sont-ils le futur du véhicule militaire  ?

Ci-dessus: le Hummer, même renforcé, paraît désormais minuscule à coté de blindés MRAP.

 

La fin des « Humvees »

Avec le début des guerres en Irak et en Afghanistan, c’est l’un des symboles de l’Amérique qui montre ses limites. En effet, le Humvee, symbole indestructible des années Reagan, adulé par Arnold schwarzenegger et toute une génération de rappeurs, se trouve incapable de protéger les soldats. En quelques mois, des centaines de ces véhicules sont mis hors de combat, et les pertes humaines s’accumulent…

En effet, les insurgés irakiens, Al Qaeda et les Talibans qui ont su s’adapter et glisser de plus en plus vers des méthodes de “techno-guérilla” et l’usage massif des engins explosifs improvisés (les fameux “IED”). Les Humvees (tout comme l’ensemble des véhicules bâtis sur le même standard durant la Guerre Froide) montrent alors leurs faiblesses : un blindage insuffisant, un châssis inadapté face aux mines et aux explosifs, et l’absence de protection pour les servants de mitrailleuses, surexposés aux snipers et lors des embuscades.

Le JLTV (Joint Light Tactical Vehicule) d’Oshkosh est le successeur officiel du Humvee dans l’US Army.

 

La naissance de monstres

Après une tentative de parer à l’urgence en renforçant le blindage des Hummer (peu concluant d’ailleurs, les plaques additionnelles se transformant parfois en projectiles mortels pour les occupants du véhicule), les Américains d’abord, puis l’ensemble des armées et industriels dans le monde, comprennent que cette nouvelle forme de guerre implique de concevoir une nouvelle catégorie de véhicule, à même de protéger les hommes.

Dès le milieu des années 2000, les premiers MRAP imposent donc le concept d’un véhicule surélevé, surblindé et bardé d’armements téléopérés et de capteurs divers. De plus, la plupart d’entre eux ont un look résolument agressif, destiné à imposer leur présence et leur puissance de feu.

Ce dernier point n’est d’ailleurs pas négligeable, puisqu’il leur permet aussi de s’imposer dans beaucoup de forces de police, où ils sont utilisés pour le maintien de l’ordre, et de devenir un must have de tout film d’action, comme par exemple dans la série Fast & Furious.

 Fast and Furious 6.

 

Trop lourds ? Trop sophistiqués ? Trop chers ?

En quelques années, la plupart des fabricants de véhicules militaires ont imposé un ou plusieurs MRAP à leur catalogue. Sur les salons d’armement, on est aujourd’hui frappé de voir cette multitude de véhicules à roues, qualifiés de « légers », mais qui sont en réalité plus massifs que certains chars!

La plupart des MRAP sont aujourd’hui plus imposant qu’un char de bataille.

De fait, en plus de leur coût prohibitif qui ne leur permet pas de se substituer totalement au parc antérieur, les MRAP posent des problèmes de surconsommation de carburant, et de nombreux défis en ce qui concerne leur maintenance, rendue beaucoup plus difficile par la surabondance de systèmes électroniques et optroniques.

 Sur le plan opérationnel, se pose aussi la question de véhicules censés être mobiles et légers, mais en réalité si lourds et larges qu’ils ne peuvent pas emprunter toutes les pistes, ni pénétrer dans certains villages. De plus, leur image de vraie “forteresse” est aujourd’hui jugée comme contre-productive et exagérément agressive vis-à-vis des populations civiles, notamment dans des opérations de l’ordre.

Ces paradoxes font qu’aujourd’hui, de plus en plus de forces armées sont en recherche de l’exact contraire des MRAP : des véhicules légers et rapides, voire même découverts : buggys, quads, véhicules hybrides voire technicals… Un large panel donc, qui peut être utilement exploité par l’industrie de l’entertainement, à condition toutefois de conserver un semblant d’authenticité…

Les hovercrafts

Monstres d’acier conçus pour l’assaut amphibie, les aéroglisseurs, ou Hovercrafts, sont des icones de la pop-culture, et en particulier du jeu vidéo. On les voit par exemple, en 2011, foncer sur Hambourg dans Call of Duty Modern Warfare 3, ou être au cœur des affrontements de Battlefield 2042 (même si leur utilisation dans ce dernier est totalement irréaliste).

 

Des hovercrafts pour quoi faire?

Les aéroglisseurs militaires sont des engins massifs déployables qui fonctionnent sur un principe simple de la portance aérostatique sur coussin d’air sous faible pression, associée à la propulsion aérienne.

D’abord développé pour le civil, les aéroglisseurs ont pour mission d’établir des liaisons rapides entre des côtes peu éloignées, ou de pouvoir se déplacer rapidement sur des terrains marécageux ou glacés. Ils sont pourtant mis en retrait à partir des années 70 en raison de la multiplication des liaisons aériennes, et de l’augmentation du cout du carburant dont ils sont très consommateurs.

Les aéroglisseurs militaires répondent, globalement, aux mêmes besoins : projeter rapidement des forces importantes sur une plage, mais avec des doctrines différentes selon les pays… Et même s’ils n’ont jamais participé à la moindre opération amphibie d’envergure, ils restent en service dans quelques unes des principales forces armées du monde.

 

Instrument de prédilection pour le futur de l’US Navy ?

Les Marines, pour lesquels le débarquement amphibie est inscrit dans les gènes, et l’US Navy étudient le concept d’hovercraft depuis les années 1970. L’idée est de disposer d’engins rapides capables de projeter rapidement de grandes quantités de forces sur les plages à partir de navires de débarquement (comme les porte-aéronefs de classe Wasp) ou depuis des bases côtières.

Plusieurs prototypes d’engins lourds ne verront pas le jour, mais la Navy est dotée depuis 1984 du L.C.A.C. (Landing Craft Air Cushioned), une bête de 26 mètres et 182 tonnes à pleine charge. Entre 1987 et 2001, 91 modèles sont produits et servent notamment pendant la Guerre du Golfe.

Avec l’intensification des opérations dans la zone Pacifique, les hydroglisseurs redeviennent un engin particulièrement intéressant (comme l’hydravion d’ailleurs) et 68 LCAC vont être modernisés en attendant l’arrivée d’un nouvel engin, porté par le programme Sea BasetoShore Connector (SSC).

 

Les monstres russes et chinois

Pour l’URSS, la conception, à partir des années 60, d’engins géants, hydroglisseurs et ékranoplanes s’explique principalement, dans la perspective d’un conflit avec l’OTAN, par la nécessité de saisir au plus vite des détroits en Mer Noire, en Caspienne ou dans la Baltique en y projetant beaucoup d’hommes et de blindés, à même d’établir de solides têtes de pont.

C’est ainsi que naissent le Murena ou l’iconique Zoubr, long de 57 mètres, le plus gros hydroglisseur au monde, équipé de lance-roquettes multiple et pouvant transporter 500 hommes ou 3 chars lourds. Aujourd’hui, portée par ses ambitions en mer de Chine, la marine chinoise est devenue l’un des principaux utilisateurs d’hydroglisseurs lourds avec 2 Zubr, ainsi que plusieurs modèles produits localement comme le Type 726 “Yuyi”. De quoi à se confronter rapidement aux LCAC et à leurs successeurs…

Au même titre que les portes hélicoptères ou autres bases flottantes , ou même les appareils convertibles « tiltrotor » ou hydravions, les hovercrafts auront probablement un rôle important à jouer dans les conflits de demain, où les opérations amphibies sont déjà appelées à être déterminantes. Une bonne raison d’en comprendre l’intérêt, et de les intégrer au plus vite (et de manière cohérente) dans les scénarios…

La militarisation des hélicoptères civils

La plupart des hélicoptères, qu’ils soient civils ou militaires, sont conçus comme des plateformes particulièrement modulables, de véritables couteaux-suisse capables de s’adapter à différents types de missions. Pour autant, militariser un hélicoptère civil (ou le « crafter » pour reprendre un terme de gamer) n’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser. A moins que…

 

La tradition des Alter Ego

Pour des raisons évidentes de maitrise des couts, il y a bien longtemps que la plupart des modèles d’hélicoptères moyens ou lourds sont déclinés en version civile et militaire. Souvent, les modèles civils dédiés aux applications de sécurité civile (sauvetage en mer, lutte anti-incendie) ou d’industries spécialisées (transfert de personnel sur les plateformes offshore) sont, de par leurs contraintes de rusticité et de fiabilité, très proches des cahiers des charges exigés par les militaires.

Pour autant, un hélicoptère de combat va toujours plus loin en termes de redondance ou de motorisation, qui doit notamment absorber le poids supplémentaire d’une structure renforcée, d’un blindage ou de systèmes d’arme ou d’observation, et permettre des manœuvres évasives…

Dès lors, son développement coûte extrêmement cher, et ce même si on dispose d’une base civile éprouvée et appréciée (ce qui ne garantit d’ailleurs pas son équivalent dans une utilisation militaire).

 

Du bricolage aux solutions hybrides

A Las Vegas, une société vous propose de tirer à la mitrailleuse depuis des hélicoptères initialement civils.

 

S’il est bien une tendance à l’œuvre dans le monde militaire, c’est celle de la militarisation de plateformes civiles, et nous avons déjà évoqué ce concept dans le cadre du CAS ou de la projection maritime pour les opérations spéciales.

D’abord réalisée de manière artisanale par quelques soudures et le montage de mitrailleuses ou de paniers de roquettes (sans forcément respecter le cahier des charges), la « militarisation » d’appareils civils s’est progressivement professionnalisée, avec l’apparition de solutions « clé en main » pour l’appui rapproché, mais aussi le renseignement et les missions de recherche ou de sauvetage.

Depuis quelques années, des constructeurs réfléchissent aussi à plus de modularité pour les armes embarquées. Airbus par exemple, avec son concept « H-Force », propose un système plug’n play où les matériels sont interchangeables d’un aéronef à l’autre.

Pour autant, il s’agit toujours de solutions hybrides, qui tentent de faire cohabiter deux mondes qui n’avaient pas vocation à se rencontrer…

 

Militariser un hélicoptère civil, une bonne idée ?

 

La pandémie et la crise qu’elle a provoqué pour le secteur aéronautique a conduit la plupart des constructeurs à adopter une solution encore plus pragmatique : la véritable « militarisation » de variantes commerciales, au prix d’un passage de quelques jours dans les mains d’une équipe spécialisée.

Cette tendance lourde est observée sur les derniers salons d’armement, et le fabricant le plus en pointe sur le sujet semble bien être l’américain BELL. Avec sa solution « HOSS » (Pour Huey Ordnance Store System) , il propose de transformer tous type d’hélicoptère commercial en engin militaire, pour un coût réduit et avec la garantie de bénéficier très rapidement d’une plateforme fiable et performante.

De fait, plusieurs armées du Moyen-Orient ont, d’ores et déjà, choisi de militariser le Bell 407 avec un panel complet d’armement, mais aussi des capteurs et des systèmes de vision nocturne. Seul bémol : la puissance moteur qui reste largement « civile » et ne permet ni l’emport d’un blindage conséquent, ni des performances accrues au combat.

Dans tous les cas, la militarisation des appareils civils offre des opportunités particulièrement intéressantes pour le jeu vidéo, où crafting et customisation font aujourd’hui partie intégrante du game design.