Les hélicoptères convertibles

Les hélicoptères convertibles, plus connus sous l’anglicisme “tiltrotor”, font entrer la famille des hélicoptères dans une nouvelle génération. S’ils sont aujourd’hui réservés au monde militaire, et plus encore au seul modèle opérationnel, le V-22 OSPREY, ils devraient rapidement se faire une place dans l’aéronautique mondiale, et aussi la pop culture, dans les années qui viennent.   

 

Des machines complexes et couteuses …  

Comme l’avion a décollage court ou vertical, l’hélicoptère convertible est un vieux rêve aéronautique. Les premiers essais remontent (comme souvent) à la Guerre Froide, mais le seul projet qui arrivera à maturité opérationnelle est, bien entendu, le V-22 OSPREY du fabricant américain Bell, mis en service à partir de 2005 dans l’US Air Force, l’US Marine Corps, ainsi que la Navy. Il est aussi le nouvel hélicoptère “Marine One” du Président Américain. 

Si seuls 400 Osprey sont en service actuellement (aux USA mais aussi au Japon), c’est surtout parce que c’est une machine technologiquement complexe, et donc très chère (autour de 100 millions USD l’unité, soit plus cher qu’un avion de chasse). Le programme a aussi connu de nombreux accidents tragiques tout au long de son développement et de son début de carrière opérationnelle, qui ont largement impactées les attentes opérationnelles placées en lui. 

 

… mais adaptées aux conflits modernes. 

Mais alors, qu’est ce qui fait de ces appareils un instrument idéal pour l’avenir ? Outre le fait que la pop culture en raffole, jeux vidéo et cinéma compris, le concept même de tiltrotor apporte avec lui des avantages déterminants pour le combat moderne. 

En effet, après le décollage et le basculement des rotors, l’appareil, “libéré” de sa configuration hélicoptère, peut atteindre une vitesse de croisière digne d’un avion tout en volant à une altitude qui le place en sécurité. Il permet donc de mener des missions héliportées “en profondeur”, parfait pour les forces spéciales, ou même les missions de search & rescue. 

Le double rotor en fait de surcroit un hélicoptère capable de transporter des hommes ou du fret, depuis un navire, ou sur un terrain dénué de piste. 

Ces arguments font des tiltrotors un choix pertinent, dans des conflits ou la vitesse et surtout l’allonge sont un avantage primordial. Ils intègrent par exemple parfaitement la doctrine des US Marines pour le combat aéro-amphibie (on en parle ici, ici, ou encore ici).  

 

Les hélicoptères entrent dans une nouvelle ère 

Le V-22 Osprey n’était que le point de départ, sorte de brouillon préfigurant du futur. En effet, avec son programme “Future Vertical Lift”, l’US Army s’apprête à choisir le successeur du célèbre hélicoptère Blackhawk. L’un des finalistes est le V-280 Valor de Bell, qui propose ici un concept plus abouti que celui du Osprey.   

Ce marché considérable pourrait définitivement ancrer les hélicoptères convertibles dans le paysage militaire. 

D’autant plus que d’autres pays pensent à leur concept, et que sont déjà imaginés des convertibles “super-lourds” dotés de quatre rotors ! 

Enfin, c’est bien entendu du côté des drones de combat qu’il faut se pencher, avec l’émergence de concepts de tiltrotors plus compacts et dotés d’armements lourds, capables d’agir depuis la mer et les porte-hélicoptères. Les navires américains devraient en effet recevoir dans quelques années des appareils comme le drone V-247, véritable hélicoptère de combat aux capacités boostées. Ils assureront notamment la protection des tiltrotors de transport.  

 Une maquette du V-247 « Vigilant » a été présentée par Bell, lourdement armée.

 

Les hélicoptères convertibles sont des appareils fascinants, et les voir voler est un véritable spectacle. Alliant la manœuvrabilité d’une voilure tournante aux performances d’un avion, leur avenir pourrait être radieux, avec des branches d’évolution impressionnantes. Cela devrait continuer à faire le bonheur du jeu vidéo comme du cinéma d’action. 

Kit de survie du char moderne

Les images qui nous parviennent du conflit ukrainien rappellent chaque jour à quel point la survie d’un char sur un champ de bataille de haute intensité est difficile. Alors, pour se protéger de missiles toujours plus performants, le salut se trouve-t-il, pour les tanks, dans les systèmes de protection active, et notamment les fameux « hard kill » ?

 Ci-dessus: le blindage additionnel rudimentaire de ce char russe en Ukraine n’a pas suffi. 

 

Les design innovants

Nous l’avons vu avec les MRAP, la qualité d’un blindage ne réside pas simplement dans l’épaisseur du métal qui le compose. Il existe en effet de multiples façons de protéger un véhicule blindé ou son équipage. Parmi elles, l’intégration, dès la conception, de solutions innovantes :

  • le placement du bloc moteur à l’avant du tank comme sur les Merkava israéliens, qui va arrêter le projectile en préservant l’équipage, même si le char est neutralisé;

Le char Merkava israélien est l’un des mieux protégés au monde.

 

L’utilisation de briques réfractaires dont le but est d’empêcher le projectile (principalement les obus-flèche, mais aussi les missiles de première génération) de percer le blindage. Apparues durant la Seconde Guerre Mondiale sur les Panzer (le fameux Zimmerit), elles deviennent communes à partir des années 80. Sur les nouvelles générations de blindés, les briques sont même, la plupart du temps, directement intégrées à la coque lors de sa fabrication.

Jupes protectrices sur un Panzer IV allemand durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Les solutions additionnelles

Pour les anciennes générations de blindés, ou face à de nouvelles menaces comme les missiles modernes ou les nouvelles charge AT tirées par les RPG, il est indispensables de s’équiper en solutions additionnelles :

  • les briques additionnelles, appelées « blindages réactifs explosifs », sont destinées à neutraliser les projectiles à charges creuses. Apparues sur les blindés israéliens déployés au Liban dans les années 80, elles sont ensuite devenues une solution efficace de renforcer les anciennes générations de blindés confrontés aux missiles modernes ;

On distingue clairement les briques réactives sur ce T-72 russe modernisé.

 

  • les grilles de protection, dont le but est d’opposer un obstacle au projectile (principalement les RPG ou les missiles) et de le faire exploser avant son impact direct sur le blindage. Des schürzen (jupes) des panzers allemands, jusqu’à la rudimentaire « cope cage » vue en Ukraine, en passant par les « cages à oiseau » des Stryker en Irak, ce n’est pas la solution la plus esthétique, mais elle est efficace…

Un blindé Stryker de l’US Army en Irak.

 

Les systèmes « soft kill »

En plus des blindages principaux ou additionnels, les chars ont rapidement été équipés de solutions « soft kill », c’est-à-dire de systèmes ajoutés à la plateforme pour lui fournir des options de dissimulation ou de brouillage.

Dès la Seconde Guerre mondiale, on en retrouve le premier exemple avec l’ajout de lance-fumigènes sur les tourelles, mais avec l’arrivée des premiers missiles AT vont s’ajouter d’autres capacités comme les brouilleurs infrarouges fonctionnant littéralement comme des leurres, ou encore des lasers aveuglants.

Les brouilleurs infrarouges du T-90 lui donnent un look vraiment badass ! 

 

C’est aussi pour cela que les forces de l’OTAN s’appuient, à partir des années 70, sur des solutions aériennes pour « tuer » du char russe : en effet, aucun brouillage ne dévie les obus du canon Avenger d’un A-10 …

 

Le « hard kill » : solution miracle ?

On le voit aujourd’hui : les chars russes sont équipés de blindages additionnels ou de brouilleurs, mais cela se révèle bien inefficace face aux missiles de dernière génération, et notamment ceux, comme le Javelin, disposant d’un mode d’attaque « fire and forget » par le dessus, là où le char est le plus vulnérable. C’est pourquoi plusieurs pays ont développé ces dernières années, les systèmes dit « hard kill ».

Sur le papier, l’idée est simple : grâce à un radar à 360°, le char va pouvoir détecter un projectile en approche et déclencher automatiquement un jet de projectile (volée de plombs ou bâtons explosifs par exemple) dans sa direction, avec pour but de le faire dévier ou exploser avant impact.

La technologie est aujourd’hui mature, grâce à des capteurs et surtout des ordinateurs capables de traiter la menace en quelques millisecondes, et son efficacité est redoutable. Pour autant, un système « hard kill » reste complexe, lourd (plusieurs tonnes), et très onéreux, et ne protègent au final que des missiles et des roquettes.

Les systèmes les plus en pointe sont le Trophy et l’Iron Fist israéliens. C’est un succès commercial qui s’impose dans de nombreuses armées, au détriment notamment de plusieurs solutions américaines et de l’Afganit russe.

 

Finalement, la meilleure chance de survie d’un char n’est-elle pas à chercher dans une protection assurée soit par l’infanterie, soit par des blindés spécialisés comme le BMP Terminator ? La question reste ouverte. En tout état de cause, cette multiplicité de solutions mériterait d’être explorée dans le jeu vidéo, pour donner encore plus de piment à des combat épiques tels que certaines missions des Ghost Recon canoniques ou de Call of Duty…

 

Les armes hypersoniques

Depuis le 18 mars 2022 et la revendication par la Russie de la destruction d’un dépôt de munitions en Ukraine, le monde est officiellement rentré dans l’ère des armes hypersoniques. Annoncées dans le domaine de l’armement comme LA rupture technologique du moment, elles représentent un défi pour tous les systèmes de défense du monde mais devraient aussi devenir, dans les mois qui viennent, un must-have de tout bon blockbuster, au cinéma ou dans le jeu vidéo…

 

La vitesse hypersonique, c’est quoi ?

Il a fallu environ un demi-siècle à l’aéronautique pour atteindre la vitesse supersonique (soit le passage du Mur du son, à 1 235 Km/h, ou plus communément, Mach 1). Puis, au cours de la Guerre Froide, les deux blocs ont dépensé énormément de temps et d’argent pour rendre avions et missiles de plus en plus rapides.

C’est là, dès les années 50, que des percées sont réalisées sur les statoréacteurs (ramjet): ce type de moteur à réaction permet théoriquement d’atteindre Mach 5 (frontière théorique de la vitesse hypersonique) mais il est incapable de fonctionner à vitesse nulle et ne peut donc être qu’utilisé en complément des turboréacteurs.

Le célèbre Chuck Yeager est le premier homme à franchir le mur du son en 1947, à bord du Bell X-1. 

 

En outre, si c’est le ramjet qui constitue bien la base des recherches sur l’hypervélocité, ce n’est en réalité que très récemment que l’on a pu franchir la vitesse hypersonique, car elle demande une puissance de calcul et des matériaux extrêmement performants qui ne sont apparus que dans les années 2010.

Elle implique aussi de posséder une motorisation spécifique : le superstatoréacteur (scramjet), qui est un statoréacteur à combustion supersonique, permettant d’envisager Mach 15. Problème, il ne fonctionne qu’à partir de Mach 5, ce qui nécessite donc de l’associer, lui aussi, à un statoréacteur…

 

Des missiles toujours plus rapides

Si pour un corps humain, s’envoler à ces vitesses est inenvisageable, des missiles hypervéloces sont, eux, susceptibles de bouleverser les équilibres établis depuis bientôt 80 ans.

La course à l’armement hypersonique s’est donc focalisée autour du design d’un missile de croisière à la fois doté d’une grande vélocité (au moins 6 000 Km/h), et d’une grande manœuvrabilité.

Ces missiles sont potentiellement capables de renverser des rapports de force défavorables, et ce n’est donc pas un hasard si les pays en pointe sur le domaine sont les rivaux des USA : Les Russes se sont proclamés leaders dans ce domaine depuis quelques années déjà (avec le Zircon, ou le Kinjal), et seront probablement bientôt rattrapés par les Chinois.

En outre, les premiers missiles hypersoniques ont été mis au point dans un domaine bien précis : celui des missiles antinavires, parfois appelés “tueurs de porte-avions ».

 

Les planeurs hypersoniques : l’avenir de la dissuasion ?

Les recherches sur les armes hypervéloces ont fait émerger un second concept : celui de planeur hypersonique. Ici, il n’est plus question de frappes tactiques, mais bien de vecteurs stratégiques destinés, en priorité, à emporter des armes nucléaires.

Un planeur hypersonique est, comme un missile balistique ou un lanceur spatial, propulsé de manière conventionnelle dans la haute atmosphère. Mais c’est ce qui se passe après qui est novateur : l’engin, qui file à Mach 20 en trajectoire elliptique, a été conçu pour être extrêmement manœuvrable en plus d’être rapide : sa trajectoire est donc imprévisible, et il est donc en mesure de déjouer tous les systèmes anti-missiles actuels.

Plus encore que les missiles hypersoniques, les planeurs restent l’apanage des plus grandes puissances spatiales : il faut par exemple maitriser la rentrée atmosphérique grâce à un bouclier thermique résistant à 2 000 degrés. Et ici encore, la Russie se veut en pointe avec son Avangard, suivie de près par la Chine.

D’ici quelques années, les USA et un certain nombre de pays européens (dont la France) devraient, eux aussi, disposer de leurs propres armes supersoniques. Ces dernières seront, selon toute vraisemblance, prioritairement montées sur les sous-marins et les navires, tels les destroyers de classe Zumwalt vers 2025.

 

La rupture des armes hypersonique remet-elle jeu la stabilité stratégique ? Difficile à dire aujourd’hui. Mais ces armements font à coup sûr un fantastique sujet pour tout scénario mature et ancré dans la réalité, tant leur avènement est considéré comme un nouveau “moment Sputnik”.